3h du matin : votre aide-soignante de nuit entre dans la chambre 14 pour une ronde habituelle. Le résident ne répond pas et ne respire plus normalement : son cœur s'est arrêté. Elle a moins de 5 minutes pour agir avant que les séquelles neurologiques deviennent irréversibles.

En France, entre 40 000 et 50 000 personnes sont victimes d'un arrêt cardiaque chaque année. En EHPAD, cette réalité est omniprésente : la population accueillie est âgée, souvent polypathologique, et les médecins ne sont pas toujours présents sur site, notamment la nuit et le week-end.

Pourtant, un arrêt cardiaque pris en charge rapidement et correctement peut être survenu. La clé ? Des équipes formées, entraînées et qui ne paniquent pas.

Pourquoi l'arrêt cardiaque en EHPAD est un cas à part

Contrairement à un arrêt cardiaque survenant dans la rue, l'arrêt cardiaque en EHPAD présente des spécificités :

Réflexe n°1 : Évaluer sans perdre une seconde (0 à 30 secondes)

La première erreur ? Attendre de comprendre ce qui se passe.

Dès qu'un résident est trouvé inerte ou inconscient, votre soignant doit immédiatement :

  1. Stimuler et appeler : secouer doucement les épaules, appeler le résident par son nom
  2. Vérifier la respiration : regarder si la poitrine se soulève, écouter, sentir pendant maximum 10 secondes. Les gasps (respiration agonique) ne sont PAS une respiration normale
  3. Confirmer l'absence de pouls si le soignant est formé à cette évaluation

    Trop de soignants perdent du temps à chercher un pouls ou à appeler d'autres collègues avant d'agir. Chaque minute sans massage cardiaque réduit les chances de survie de 10 %.

Réflexe n°2 : Alerter efficacement et simultanément

L'alerte ne doit pas interrompre la prise en charge. Elle doit se faire en parallèle, pas à la place.

Le schéma idéal en EHPAD :

Lors de l'appel au 15, transmettre en moins de 30 secondes : le nom de l'établissement et son adresse, le nom et l'âge du résident, la situation (« arrêt cardiorespiratoire, nous avons commencé la RCP »), les directives anticipées éventuelles.

Réflexe n°3 : Débuter le massage cardiaque immédiatement

C'est le geste qui sauve.

Technique correcte :

Réflexe n°4 : Utiliser le DAE dès qu'il est disponible

Depuis le 1er janvier 2022, les EHPAD ont l'obligation légale d'être équipés d'un défibrillateur automatisé externe (DAE).

Le DAE est conçu pour être utilisé par n'importe qui, même sans formation. Il guide vocalement chaque étape. Mais encore faut-il :

  1. Savoir où il se trouve — votre équipe le sait-elle vraiment ?
  2. Ne pas interrompre le massage en l'attendant
  3. Coller les électrodes correctement — l'une sous la clavicule droite, l'autre sous l'aisselle gauche
  4. S'écarter lors du choc

Les chances de survie en cas de fibrillation ventriculaire atteignent 40 à 60 % si la défibrillation intervient dans les 1 à 3 minutes, mais chutent sous les 5 % au-delà de 10 minutes.

Réflexe n°5 : Gérer la continuité jusqu'à l'arrivée du SAMU

Le SAMU arrive (en moyenne sous 8 à 15 minutes). Votre équipe doit tenir :

AFGSU en EHPAD : une formation indispensable

La formation AFGSU niveau 1 ou niveau 2 est la réponse concrète à tous ces enjeux. Elle permet à votre personnel de reconnaître rapidement une situation d'urgence vitale, d'agir avec les bons gestes et dans le bon ordre, de travailler en équipe sous pression, de gérer la relation avec le 15 et les équipes du SAMU.