Le 1er janvier 2026 a ouvert une nouvelle période triennale de Développement Professionnel Continu. Autrement dit : le compteur repart à zéro pour l'ensemble des professionnels de santé, salariés comme libéraux, qui doivent justifier d'un parcours DPC complet d'ici le 31 décembre 2028. C'est le bon moment pour faire le point.
Le DPC n'est pas une formalité administrative de plus. C'est une obligation légale inscrite à l'article L.4021-1 du Code de la santé publique, contrôlable par les ordres professionnels, les employeurs et les agences régionales de santé. Ne pas la respecter expose à des rappels, voire à des mesures disciplinaires pour les professions ordinales.
Bonne nouvelle : la plupart des formations que vous suivez déjà — à commencer par l'AFGSU et son recyclage — peuvent être valorisées au titre de votre obligation DPC 2026, à condition de passer par un organisme enregistré. Voici ce que vous devez savoir pour construire un parcours conforme, utile sur le terrain et correctement financé.
Qu'est-ce que le DPC (Développement Professionnel Continu) ?
Le DPC est un dispositif légal qui impose à chaque professionnel de santé de maintenir et d'actualiser ses connaissances et ses compétences, tout en améliorant ses pratiques et en maîtrisant les risques liés à son activité. Il est défini par l'article L.4021-1 du Code de la santé publique et organisé par le décret n° 2016-942 du 8 juillet 2016.
Concrètement, le DPC réunit dans une même logique trois choses qui étaient auparavant séparées : la formation continue, l'évaluation des pratiques et la gestion des risques. L'idée est simple : un professionnel ne progresse pas seulement en écoutant un cours, mais en analysant ce qu'il fait réellement et en corrigeant ce qui doit l'être.
Le pilotage national est assuré par l'Agence nationale du DPC (ANDPC), qui enregistre les organismes habilités (les ODPC), publie les orientations prioritaires et finance une partie des parcours des professionnels libéraux conventionnés. Chaque professionnel dispose d'un compte personnel sur la plateforme de l'Agence pour suivre et tracer ses actions.
Sont concernés tous les professionnels de santé au sens du Code de la santé publique : professions médicales (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens) et professions paramédicales (infirmiers, aides-soignants, masseurs-kinésithérapeutes, manipulateurs radio, etc.). Le mode d'exercice — hospitalier, médico-social ou libéral — ne change rien à l'obligation.
L'obligation triennale du DPC en 2026 : ce que dit la loi
L'obligation DPC est triennale : chaque professionnel de santé doit avoir satisfait à son parcours de développement professionnel continu sur une période de trois ans. La période en cours a débuté le 1er janvier 2026 et se termine le 31 décembre 2028.
Cette obligation découle de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016, qui a réformé le dispositif issu de la loi HPST de 2009. Le principe posé par les textes : sur les trois ans, votre parcours doit comporter des actions relevant d'au moins deux des trois types d'actions reconnues (formation, évaluation des pratiques, gestion des risques) et s'inscrire dans les orientations prioritaires définies au niveau national.
Qui contrôle et que risque-t-on ?
Le contrôle du respect de l'obligation revient à des acteurs différents selon le mode d'exercice :
- Pour les professions à ordre (médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, kinés, etc.), c'est l'ordre professionnel qui s'assure du respect de l'obligation dans le cadre de sa mission de contrôle.
- Pour les salariés, l'employeur est responsable de l'accès de ses personnels au DPC et en assure le suivi.
- Les agences régionales de santé peuvent, elles, être amenées à vérifier la formation des équipes lors des inspections d'établissements.
Le non-respect n'entraîne pas d'amende automatique, mais il constitue un manquement. Pour les professions ordinales, il peut être qualifié d'insuffisance professionnelle et donner lieu à des mesures. Pour un établissement, une équipe non à jour de ses obligations de formation est un point de non-conformité qui ressort immédiatement lors d'un contrôle.
2026 : pourquoi c'est le bon moment pour agir
Commencer une période triennale par de bonnes bases évite l'écueil classique : arriver fin 2028 avec un parcours incomplet et devoir caser plusieurs actions dans les dernières semaines. Étalez vos actions, tracez-les au fur et à mesure sur votre compte, et faites coïncider vos échéances DPC avec vos obligations métier — notamment le recyclage AFGSU tous les 4 ans.
👉 Pour situer le DPC parmi vos autres obligations de formation, consultez notre panorama des obligations de formation aux urgences par type d'établissement.
Quelles actions sont éligibles au titre du DPC ?
Trois grandes catégories d'actions comptent pour votre obligation DPC : la formation continue, l'évaluation et l'amélioration des pratiques professionnelles, et la gestion des risques. Votre parcours triennal doit mobiliser au moins deux de ces trois catégories.
Toutes ne se valent pas administrativement : pour être valorisée, une action doit être portée par un organisme de DPC (ODPC) enregistré auprès de l'ANDPC et évalué favorablement, et son contenu doit correspondre à une orientation prioritaire nationale publiée par arrêté. Une formation intéressante mais hors cadre ne remplira pas votre obligation.
Les trois types d'actions reconnues
- La formation : sessions présentielles, classes virtuelles, e-learning, congrès scientifiques avec programme validé. C'est la voie la plus connue. Les formations aux gestes et soins d'urgence en font partie.
- L'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) : audits cliniques, revues de morbi-mortalité, analyse de dossiers, suivi d'indicateurs. On regarde ce qui se fait réellement pour l'améliorer.
- La gestion des risques : analyse d'événements indésirables, retours d'expérience structurés, exercices de mise en situation. Une démarche particulièrement pertinente pour tout ce qui touche aux situations d'urgence et de crise.
L'importance des orientations prioritaires
Les actions doivent s'inscrire dans les orientations prioritaires nationales, régulièrement actualisées par arrêté ministériel. Ces orientations couvrent notamment les urgences vitales, la sécurité des soins, la prévention et la gestion des risques. Avant d'engager une action, vérifiez sur la fiche du programme qu'elle est bien rattachée à une orientation et portée par un ODPC — c'est la garantie qu'elle sera comptabilisée.
Un point de vigilance : un professionnel peut suivre une excellente formation qui ne « compte » pas pour son DPC, simplement parce qu'elle n'est pas déclarée dans le cadre du dispositif. Choisir un organisme de DPC enregistré vous évite cette mauvaise surprise.
Comment l'AFGSU s'inscrit dans votre parcours DPC
L'Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence (AFGSU) peut pleinement être valorisée au titre du DPC lorsqu'elle est dispensée par un organisme enregistré et rattachée à une orientation prioritaire. Elle relève de la catégorie « formation » et, dans sa dimension mises en situation, touche aussi à la gestion des risques.
C'est un point souvent sous-estimé : l'AFGSU n'est pas seulement une obligation réglementaire propre (rappelons que sa validité est de 4 ans et impose un recyclage), c'est aussi une action qui peut nourrir votre parcours triennal. Deux obligations, une seule action bien pensée.
Pourquoi l'AFGSU coche plusieurs cases
- Elle porte sur les urgences vitales, une orientation prioritaire constante et un enjeu de sécurité des soins.
- Elle repose sur des mises en situation pratiques (arrêt cardiaque, obstruction des voies aériennes, malaise, hémorragie), en cohérence avec la logique d'apprentissage par simulation valorisée par le DPC et par la certification HAS.
- Elle concerne un très large public : soignants, mais aussi personnels administratifs et techniques selon le niveau (AFGSU 1 ou AFGSU 2).
Pour choisir le bon niveau selon votre fonction, appuyez-vous sur notre comparatif AFGSU 1 ou AFGSU 2 : comment choisir, et sur le guide complet de la validité et du recyclage AFGSU en 2026.
Le lien avec la certification HAS V2027
Si vous exercez en établissement de santé, faire coïncider DPC et AFGSU sert aussi votre certification. Le référentiel HAS V2027 exige, au titre du critère impératif 2.2-12, que tous les professionnels de soins soient formés aux gestes de première urgence et réalisent des exercices de mise en situation. Le critère 3.2-04 (niveau avancé) demande, lui, une formation à la gestion des risques par la simulation en santé. Un parcours DPC bien construit alimente directement ces exigences.
Autrement dit, une même formation peut cocher trois cases : votre obligation DPC 2026, votre obligation AFGSU, et un critère de certification. C'est exactement ce type de cohérence qu'il faut viser quand les budgets et le temps sont comptés.
👉 Pour approfondir, notre guide de référence sur la formation AFGSU pour les professionnels du sanitaire et du médico-social détaille contenus, publics et modalités.
Qui finance votre DPC en 2026 ?
Le financement du DPC dépend de votre mode d'exercice. Il n'existe pas une source unique : l'ANDPC finance les libéraux conventionnés, tandis que les salariés relèvent de leur employeur et de leur opérateur de compétences.
Selon votre statut
- Libéraux conventionnés et salariés de centres de santé conventionnés : prise en charge par l'ANDPC via un forfait annuel, avec en général une indemnisation du temps de formation. L'inscription se fait sur votre compte personnel de l'Agence.
- Salariés d'établissements privés : financement par l'OPCO Santé, dans le cadre du plan de développement des compétences de l'employeur.
- Agents de la fonction publique hospitalière : financement via le plan de formation de l'établissement, souvent avec l'appui de l'ANFH.
- Libéraux non conventionnés : d'autres dispositifs peuvent intervenir, notamment le FIF-PL selon la profession.
En pratique, un même professionnel peut mobiliser plusieurs canaux au fil de sa carrière. Un infirmier libéral conventionné utilisera son forfait ANDPC ; le même infirmier salarié en EHPAD passera par le plan de formation de son employeur. Nos formations sont finançables OPCO Santé et ANFH, ce qui simplifie le montage pour les établissements.
👉 Pour y voir clair entre les dispositifs, consultez notre guide financer ses formations santé : OPCO, ANFH, FIF-PL. Et si vous exercez en libéral, notre article dédié à l'obligation et au financement de l'AFGSU en libéral détaille les modalités concrètes.
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Checklist : être en règle avec votre obligation DPC en 2026
Voici les vérifications à faire dès maintenant pour aborder sereinement la période triennale 2026-2028.
- ✅ Identifier votre statut de prise en charge : libéral conventionné (ANDPC), salarié privé (OPCO Santé), fonction publique hospitalière (employeur / ANFH), libéral non conventionné (FIF-PL selon profession).
- ✅ Activer et vérifier votre compte sur la plateforme de l'ANDPC pour suivre et tracer vos actions.
- ✅ Vérifier que chaque formation est portée par un ODPC enregistré et rattachée à une orientation prioritaire — sinon elle ne comptera pas.
- ✅ Combiner au moins deux des trois types d'actions sur les trois ans (formation, évaluation des pratiques, gestion des risques).
- ✅ Aligner vos échéances métier : caler le recyclage AFGSU (validité 4 ans) et vos exercices de mise en situation dans votre parcours DPC.
- ✅ Conserver les attestations de chaque action — elles sont exigées en cas de contrôle ordinal ou d'inspection ARS.
- ⚠️ Ne pas attendre fin 2028 : étalez vos actions pour éviter la course de dernière minute et les places indisponibles.
Pour les établissements, le suivi collectif de ces obligations gagne à être piloté par une fonction dédiée. Notre article sur le rôle du référent qualité dans la préparation aux urgences montre comment centraliser attestations, échéances et plans de formation.
À retenir
- Le DPC est une obligation légale triennale (article L.4021-1 du Code de la santé publique) : la période en cours court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028.
- Votre parcours doit mobiliser au moins deux des trois types d'actions (formation, évaluation des pratiques, gestion des risques), portées par un ODPC enregistré et rattachées aux orientations prioritaires nationales.
- L'AFGSU et son recyclage peuvent être valorisés au titre du DPC : une seule action bien pensée sert à la fois votre obligation DPC, votre obligation AFGSU et, en établissement, les critères HAS 2.2-12 et 3.2-04.
- Le financement dépend du statut : ANDPC pour les libéraux conventionnés, OPCO Santé et ANFH pour les salariés.
- Agir tôt dans la période triennale évite le rattrapage de dernière minute et sécurise vos contrôles.
Un parcours DPC n'a de valeur que s'il change quelque chose sur le terrain. Une équipe qui s'entraîne réellement aux gestes d'urgence sera prête le jour où cela compte — ce qu'aucun document ne garantira jamais à sa place.
👉 Nos formations sont dispensées par des militaires, urgentistes et soignants du SAMU en activité, et finançables OPCO Santé / ANFH. Découvrez notre catalogue de formations ou faites le point avec un expert (20 min, gratuit) pour caler votre parcours 2026-2028.
Questions fréquentes
Le DPC est-il obligatoire pour tous les professionnels de santé en 2026 ?
Oui. L'obligation de Développement Professionnel Continu s'applique à l'ensemble des professionnels de santé définis par le Code de la santé publique, qu'ils soient médicaux ou paramédicaux, salariés ou libéraux. Chacun doit justifier d'un parcours complet sur la période triennale en cours, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028.
L'AFGSU compte-t-elle pour l'obligation DPC ?
Oui, à condition que la formation soit dispensée par un organisme de DPC (ODPC) enregistré auprès de l'ANDPC et rattachée à une orientation prioritaire. L'AFGSU relève de la catégorie « formation » et, par ses mises en situation, de la gestion des risques. Elle peut donc être valorisée au titre de votre parcours DPC.
Que risque-t-on si l'obligation DPC n'est pas remplie ?
Le non-respect constitue un manquement à une obligation légale. Pour les professions à ordre, il peut être considéré comme une insuffisance professionnelle et donner lieu à des mesures. Pour les établissements, une équipe non à jour est un point de non-conformité relevé lors des contrôles ARS ou de la certification HAS.