Sur 24 plans blancs réels d'établissements de santé diagnostiqués en septembre et octobre 2026, soit 1 464 sections passées au crible, 43 % des sections attendues ne sont pas retrouvées dans le document, en moyenne. La gouvernance (déclenchement, cellule de crise, rappel des équipes) est presque toujours décrite. Ce qui fait vivre et prouver le plan manque le plus : veille, exercices, retour d'expérience, traçabilité et coordination externe.
Cette étude originale de Learning Experience s'appuie sur les diagnostics produits par Plan Blanc Pro, la webapp que nous éditons pour structurer et mettre à jour le plan blanc d'un établissement. Elle ne classe pas les établissements : elle montre où les documents sont les plus fragiles, alors que les visites de certification sur la version 2027 du référentiel HAS commencent en janvier 2027.
Le plan blanc correspond au niveau 2 du dispositif de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles prévu par l'article R.3131-10 du code de la santé publique. Pour revoir ces bases, lisez notre guide complet du plan blanc.
Méthode : comment les 24 diagnostics de plan blanc ont été réalisés
L'étude porte sur 24 plans blancs distincts de centres hospitaliers et de cliniques, lus par le même moteur d'analyse sur une trame de 12 chapitres et 61 sections. Chaque plan n'est compté qu'une fois : les doublons et les dépôts de test ont été écartés.
- Échantillon : 8 plans déposés dans Plan Blanc Pro entre le 16 septembre et le 13 octobre 2026, et 16 plans transmis à Learning Experience lors de missions et d'accompagnements, analysés les 22 et 23 octobre 2026. Tous sont lus dans leur version d'origine, avant toute reprise par Learning Experience ou par l'outil. Aucun établissement n'est nommé.
- Grille de lecture : la trame détaillée dans notre article sur la trame de plan blanc. Pour chaque section, l'outil indique si elle est alimentée ou non dans le document analysé.
- Précision : la lecture automatique varie à quelques sections près d'un passage à l'autre (environ 5 sections). Les chiffres sont des ordres de grandeur.
- Sens du résultat : « non retrouvé dans le document » ne veut pas dire « inexistant dans l'établissement ». Une procédure peut figurer dans une annexe non transmise ou dans une pratique non écrite.
- Expérience terrain : avant la création de l'outil, Alexandre Niggel a relu près de 80 Plans Blancs d'hôpitaux et de cliniques au cours de ses missions. Les manques qu'il y relevait sont les mêmes que ceux mesurés ici. Les chiffres ci-dessous portent uniquement sur les 24 plans analysés avec l'outil.
- Taille : 24 plans ne représentent pas tous les établissements. Les fréquences sont donc données en nombre de plans (« 22 sur 24 »). L'étude est mise à jour au fil des diagnostics.
La section 6.1 (objectifs généraux) est écartée du classement des sections absentes. L'outil la sous-détectait jusqu'à une correction du 10 octobre 2026, ce qui aurait mesuré un défaut de l'outil plutôt qu'une lacune des plans.
Résultats : combien de sections un plan blanc réel couvre-t-il ?
En moyenne, un plan blanc de l'échantillon alimente 34,8 sections sur 61, avec une médiane de 34,5. Le plan le moins complet en couvre 18, le plus complet 59. Autrement dit, 26,2 sections par plan, soit 43 % de la trame, ne sont pas retrouvées dans le document.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Plans analysés | 24, soit 1 464 sections |
| Sections alimentées (moyenne) | 34,8 sur 61 |
| Sections alimentées (médiane) | 34,5 sur 61 |
| Plan le moins et le plus complet | 18 et 59 sections |
| Sections non retrouvées (moyenne) | 26,2 par plan, soit 43 % |
L'écart entre les plans est très grand : du simple au triple. Mais la moyenne masque surtout de fortes différences entre chapitres. Voici la part de sections non alimentées par chapitre, tous plans confondus.
| Chapitre | Part non alimentée |
|---|---|
| 2 Veille et anticipation | 68,8 % |
| 12 Exercices et formation | 66,7 % |
| 11 Fin de crise et retour à la normale | 58,3 % |
| 5 Analyse des risques et scénarios | 48,6 % |
| 8 Logistique et approvisionnements | 47,2 % |
| 9 Sécurité, sûreté et accès | 45,8 % |
| 7 Ressources humaines | 43,3 % |
| 10 Communication de crise | 39,2 % |
| 1 Introduction | 32,6 % |
| 6 Organisation des soins | 30,1 % |
| 3 Niveaux de mobilisation | 26,4 % |
| 4 Gouvernance et organisation de crise | 12,5 % |
Le chapitre 4, qui dit qui déclenche et comment la cellule de crise s'organise, est presque complet. Les chapitres 2, 12 et 11, qui disent comment l'établissement anticipe, s'entraîne et s'améliore, sont les moins alimentés.
Les sections le plus souvent absentes d'un plan blanc
Une section manque dans 22 plans sur 24 : la 12.4, coordination et partenariats. Suivent la traçabilité de la sécurité (21 sur 24), la traçabilité de la communication et la communication de fin de crise (20 sur 24 chacune).
| Section | Absente dans |
|---|---|
| 12.4 Coordination et partenariats | 22 plans sur 24 |
| 9.5 Traçabilité de la sécurité | 21 sur 24 |
| 10.5 Traçabilité de la communication | 20 sur 24 |
| 11.3 Communication de fin de crise | 20 sur 24 |
| 2.1 Cellule de veille hospitalière | 19 sur 24 |
| 2.2 Indicateurs de tension | 19 sur 24 |
| 8.6 Traçabilité et mise à jour de la logistique | 19 sur 24 |
| 12.2 Objectifs pédagogiques et évaluation des exercices | 19 sur 24 |
| 6.10 Prise en charge des populations spécifiques | 18 sur 24 |
| 11.5 Plan d'amélioration continue | 18 sur 24 |
| 12.1 Planification des exercices | 18 sur 24 |
| 2.3 Outils et méthodes de veille | 17 sur 24 |
| 7.2 Suivi des disponibilités et renforts intersites | 17 sur 24 |
| 5.3 Grilles de déclenchement par scénario | 16 sur 24 |
| 7.3 Conditions de travail exceptionnelles | 16 sur 24 |
| 7.4 Communication interne et soutien au personnel | 15 sur 24 |
| 9.3 Coopération avec les forces de l'ordre | 15 sur 24 |
| 6.11 Gestion des décès massifs et chambre mortuaire | 14 sur 24 |
| 8.5 Coordination avec les prestataires externes | 14 sur 24 |
| 11.2 Procédure de retour à la normale | 14 sur 24 |
| 12.3 Formation du personnel | 14 sur 24 |
À l'inverse, cinq sections figurent dans au moins 22 plans sur 24 : 4.3 Modalités de fonctionnement de la cellule de crise, 6.8 Montée en capacité et déprogrammation, 7.1 Mobilisation et rappel des équipes (23 sur 24 chacune), 4.1 Autorité de déclenchement et 9.2 Contrôle des flux (22 sur 24).
Le constat central : une gouvernance décrite, un plan qui ne se prouve pas
Les plans décrivent bien qui déclenche, comment fonctionne la cellule de crise et comment les équipes sont rappelées. Ce qui manque, c'est tout ce qui permet de faire vivre le plan et d'en apporter la preuve : veille, exercices et leur évaluation, retour d'expérience et amélioration continue, traçabilité, coordination avec l'extérieur. Le document organise la réponse, il ne montre pas qu'elle fonctionne.
La veille : le plan réagit, il anticipe peu
Le chapitre 2 est le moins alimenté (68,8 %). La cellule de veille hospitalière (2.1) et les indicateurs de tension (2.2) manquent chacun dans 19 plans sur 24, les outils et méthodes de veille (2.3) dans 17. Les grilles de déclenchement par scénario (5.3) manquent aussi dans 16 plans sur 24. Le plan dit qui déclenche, beaucoup moins à partir de quels signaux.
Les exercices : le plan prévoit d'être révisé, pas d'être testé
Le chapitre 12 suit de près (66,7 %). La planification des exercices manque dans 18 plans sur 24, leurs objectifs et leur évaluation dans 19, la formation du personnel dans 14. Pour construire cette partie, appuyez-vous sur notre guide pour organiser un exercice plan blanc.
Le RETEX et l'amélioration continue
La communication de fin de crise (11.3) manque dans 20 plans sur 24, le plan d'amélioration continue (11.5) dans 18. Sans cette boucle, un exercice ou une activation réelle ne laisse aucune trace exploitable dans le plan. La méthode est détaillée dans notre article sur le RETEX de gestion de crise.
La traçabilité et la coordination externe
La traçabilité de la sécurité (9.5) manque dans 21 plans sur 24, celle de la communication (10.5) dans 20, celle de la logistique (8.6) dans 19. Or ce qui n'est pas tracé ne peut ni être évalué, ni servir de preuve. Le lien avec l'ARS est écrit dans 3 plans sur 4, mais les autres partenaires beaucoup moins : coordination et partenariats (12.4) absents de 22 plans sur 24, prestataires externes (8.5) de 14, forces de l'ordre (9.3) de 15.
Ce que ce constat change pour le critère HAS 3.1-05
Le critère 3.1-05, impératif dans la version 2025 et reconduit dans la version 2027, ne se juge pas sur la seule qualité du document. Le référentiel HAS version 2027 attend que « la cellule de crise est opérationnelle dans les 45 minutes suivant l'alerte et dispose des outils et procédures nécessaires à son rôle de décision et coordination ».
Le même critère demande que les exercices et activations soient suivis d'un RETEX, et que « les professionnels concernés connaissent la gouvernance de gestion des tensions hospitalières et des SSE (identifiée dans l'organigramme), les modalités d'alerte et de mise en œuvre » (voir aussi la page HAS du manuel et du référentiel).
Les sections le plus souvent absentes correspondent précisément à ces attentes : planification et évaluation des exercices, RETEX, amélioration continue, traçabilité. Un plan dont le chapitre 12 est vide aura du mal à montrer que la cellule de crise est opérationnelle, même avec une gouvernance parfaitement décrite. Le détail des preuves est dans notre article sur le critère HAS 3.1-05.
Ce que nous observons en exercice
Les constats d'Alexandre Niggel, fondateur de Learning Experience, rejoignent ces chiffres. Il a relu près de 80 Plans Blancs en mission avant même la création de Plan Blanc Pro, et retrouve en formation et en exercice les mêmes fragilités : schémas d'alerte et de rappel du personnel écrits mais peu testés, exercices ni planifiés ni récurrents, plan blanc rarement testé de façon opérationnelle. Il le résume en une phrase :
« Ça marche sur le papier, pas dans la réalité. » Alexandre Niggel, Learning Experience
Le rappel des équipes (7.1) figure dans 23 plans sur 24 : c'est sa mise à l'épreuve qui manque, pas son écriture. Un exercice Plan Blanc, sur table ou grandeur nature, teste l'alerte, le rappel et la cellule de crise, puis produit le RETEX et le plan d'actions qui alimentent les chapitres 11 et 12. Nos exercices sont animés par Alexandre Niggel et des professionnels de la gestion de crise sanitaire, partout en France, outre-mer compris : organiser un exercice Plan Blanc avec nos experts.
Vérifier ces sections dans votre plan blanc
Reprenez votre plan avec la liste ci-dessous, qui suit les sections le plus souvent absentes des 24 plans diagnostiqués. Pour chacune, cherchez une mention écrite, datée et attribuée à un responsable, pas une intention générale. Si elle existe dans un autre document, ajoutez au plan un renvoi précis.
- ✅ 12.4 Les partenaires extérieurs, les modalités de coordination et les contacts.
- ✅ 8.6, 9.5 et 10.5 La traçabilité de la logistique, des actions de sécurité et des messages diffusés.
- ✅ 2.1, 2.2 et 2.3 L'organisation de la cellule de veille, les indicateurs de tension suivis et les outils de veille.
- ✅ 12.1 et 12.2 Un calendrier d'exercices daté, avec objectifs et grille d'évaluation.
- ✅ 11.3 et 11.5 La communication de fin de crise et un plan d'amélioration continue alimenté par le RETEX.
- ✅ 6.10 La prise en charge des populations spécifiques : enfants, personnes âgées, handicap, détenus.
- ✅ 5.3 Des grilles de déclenchement par scénario.
- ✅ 7.2 et 7.3 Le suivi des disponibilités, les renforts et les conditions de travail exceptionnelles.
- ✅ 8.5 et 9.3 La coordination avec les prestataires externes et les forces de l'ordre.
- ⚠️ Le schéma d'alerte et de rappel du personnel est écrit et a déjà été testé, avec une trace du test.
Pour faire cette lecture section par section, déposez votre document dans l'outil qui a servi à cette étude : obtenir le diagnostic gratuit de votre plan blanc. Plan Blanc Pro indique, sur la trame de 61 sections, ce qui est retrouvé et ce qui ne l'est pas. Une section non retrouvée est d'abord une question à vérifier, pas un verdict.
Données et citation de l'étude
Les agrégats de l'étude sont publiés en accès libre, par section et par chapitre, sans aucun nom d'établissement : télécharger les données de l'étude au format CSV.
Pour citer cette étude : Learning Experience, « Plan blanc : ce que révèlent 24 diagnostics réels », diagnostics Plan Blanc Pro de septembre et octobre 2026, https://learning-xp.fr/blog/plan-blanc-diagnostics-24-plans/.
À retenir
- Sur 24 plans blancs réels diagnostiqués en 2026, soit 1 464 sections, 43 % des sections ne sont pas retrouvées dans le document en moyenne (34,8 sur 61 alimentées).
- La gouvernance est presque toujours décrite : déclenchement, cellule de crise, rappel des équipes, montée en capacité.
- Ce qui fait vivre et prouver le plan manque le plus : veille (chapitre 2, 68,8 %), exercices (chapitre 12, 66,7 %), RETEX et amélioration continue (chapitre 11, 58,3 %), traçabilité, coordination externe.
- Ces manques touchent directement le critère 3.1-05 de la version 2027, qui se juge sur l'opérationnalité de la cellule de crise et le RETEX des exercices.
Questions fréquentes
Quelles sections manquent le plus souvent dans un plan blanc ?
Sur 24 plans réels diagnostiqués en 2026, la coordination et les partenariats manquent dans 22 plans. La traçabilité de la sécurité manque dans 21 plans, la traçabilité de la communication et la communication de fin de crise dans 20. Les chapitres veille et anticipation (68,8 %) et exercices et formation (66,7 %) sont les moins alimentés.
Une section non retrouvée signifie-t-elle que l'établissement ne la pratique pas ?
Non. Un diagnostic de plan blanc lit le document analysé, pas l'organisation réelle. Une procédure peut exister dans une annexe, un autre document ou une pratique non écrite. Le résultat signale ce qu'un lecteur extérieur, par exemple un expert-visiteur, ne trouvera pas dans le plan. La bonne réponse consiste à l'écrire ou à renvoyer précisément vers le document qui la contient.
Pourquoi les exercices sont-ils si souvent absents des plans blancs ?
Les plans décrivent l'organisation de la réponse, beaucoup moins sa mise à l'épreuve. En formation comme en exercice, Learning Experience constate que les exercices sont rarement planifiés et récurrents, et que les schémas d'alerte et de rappel du personnel sont peu testés. Le plan prévoit sa mise à jour, mais rarement le calendrier, les objectifs et l'évaluation de ses exercices.
Un plan blanc incomplet met-il en difficulté pour le critère HAS 3.1-05 ?
Il peut vous mettre en difficulté. Le critère 3.1-05, impératif dans la version 2025 et reconduit dans la version 2027, attend une cellule de crise opérationnelle dans les 45 minutes suivant l'alerte, et des exercices et activations suivis d'un RETEX. Un plan sans planification ni évaluation d'exercices, ni amélioration continue, offre peu de preuves de cette opérationnalité.