Le plan blanc est le niveau de réponse qu'un établissement de santé active face à une situation sanitaire exceptionnelle : afflux massif de victimes, épidémie, catastrophe, cyberattaque. Il est obligatoire pour tous les établissements de santé, publics et privés. Il est déclenché par le directeur, transmis à l'ARS et au SAMU, évalué par des exercices et révisé chaque année.
En résumé. Selon l'article R.3131-10 du Code de la santé publique, dans sa rédaction issue du décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024, le plan blanc est le second niveau du plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles, après le plan de mobilisation interne. Pour la certification HAS, sa maîtrise relève du critère impératif 3.1-05, reconduit dans la version 2027 du référentiel : exercices qui démontrent une cellule de crise opérationnelle dans les 45 minutes, retours d'expérience tracés, risques numériques intégrés aux plans.
Le plan blanc fait partie de ces documents que tout établissement possède et que peu d'équipes connaissent vraiment. Il dort souvent dans un classeur ou sur un serveur, mis à jour à la hâte avant une visite de certification. Pourtant, le jour où il faut l'ouvrir, il doit permettre en quelques minutes de rappeler du personnel, d'ouvrir des lits, de déprogrammer et de coordonner la réponse avec l'ARS et le SAMU.
Ce guide reprend l'ensemble du sujet : ce qu'est un plan blanc, ce que disent les textes en vigueur, qui le déclenche, ce qu'il doit contenir, comment il s'articule avec ORSAN, ce que la HAS évalue à partir de 2027, et comment le faire vivre dans la durée. Chaque partie renvoie vers un article détaillé.
Qu'est-ce qu'un plan blanc ?
Le plan blanc est le dispositif de crise d'un établissement de santé : il décrit comment l'établissement passe d'un fonctionnement normal à une organisation de crise quand un événement dépasse ses capacités habituelles. Afflux massif de patients ou de victimes, épidémie, événement climatique, accident industriel, attentat, panne majeure ou cyberattaque en font partie.
Concrètement, déclencher le plan blanc permet notamment :
- d'activer une cellule de crise qui décide et coordonne ;
- de rappeler du personnel et de réorganiser les équipes ;
- de déprogrammer l'activité non urgente pour libérer des lits, des blocs et des soignants ;
- d'ouvrir des capacités supplémentaires et d'organiser l'accueil et le tri des patients ;
- de sécuriser le site et de maîtriser les accès ;
- de communiquer avec les autorités, les familles et les médias.
Le plan blanc a été très médiatisé lors des attentats de novembre 2015 à Paris, puis pendant l'épidémie de Covid-19. La plupart des déclenchements restent pourtant discrets : un accident de car, une intoxication collective, un incendie dans un établissement voisin, une épidémie hivernale qui sature les urgences.
Le terme « plan blanc » est l'usage courant. Dans les textes, il désigne aujourd'hui un niveau de réponse d'un plan plus large, le plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles. C'est ce que détaille la partie suivante.
Ce que disent les textes en vigueur
Trois articles du Code de la santé publique encadrent le plan blanc : L.3131-7 pose l'obligation, R.3131-10 fixe les deux niveaux et le contenu minimal, R.3131-11 désigne qui le met en œuvre.
L'obligation : article L.3131-7 du Code de la santé publique
L'article L.3131-7, dans sa rédaction issue de la loi du 24 juillet 2019, prévoit que chaque établissement de santé est doté d'un plan détaillant les mesures à mettre en œuvre en cas d'événement entraînant une perturbation de l'organisation des soins, notamment lors de situations sanitaires exceptionnelles. Ce plan doit lui permettre de mobiliser les moyens adaptés à la nature et à l'ampleur de l'événement.
L'obligation vise tous les établissements de santé : centres hospitaliers, CHU, établissements privés à but lucratif ou non lucratif, établissements spécialisés. Une clinique privée y est soumise au même titre qu'un CHU.
Deux niveaux de réponse : article R.3131-10
Dans sa rédaction issue du décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024, l'article R.3131-10 organise le plan de l'établissement en deux niveaux de réponse :
- le plan de mobilisation interne, pour la gestion des tensions hospitalières ;
- le plan blanc, pour la gestion des situations sanitaires exceptionnelles.
Le même article précise que le plan prend en compte les objectifs opérationnels fixés par le dispositif ORSAN de la région.
La différence entre les deux niveaux est une affaire d'ampleur. Le plan de mobilisation interne répond à une tension (épidémie saisonnière, pic d'activité aux urgences, difficultés de personnel) qui se gère avec les ressources de l'établissement réorganisées. Le plan blanc répond à une situation exceptionnelle, qui impose de mobiliser l'ensemble des moyens et souvent de se coordonner avec d'autres établissements. Le détail est dans notre article sur le plan de mobilisation interne.
Une erreur fréquente consiste à traiter le plan blanc comme un interrupteur : activé ou non. La réponse est graduée, et votre plan doit décrire les critères de passage d'un niveau à l'autre.
| Plan de mobilisation interne | Plan blanc | Plan Bleu | |
|---|---|---|---|
| Établissements | Établissements de santé | Établissements de santé | EHPAD et établissements médico-sociaux |
| Situation | Tension hospitalière | Situation sanitaire exceptionnelle | Crise sanitaire ou climatique |
| Logique | Renforcer avec ses propres moyens | Mobiliser tous les moyens, accueillir un maximum de patients | Protéger les résidents sur place |
| Base légale | Art. R.3131-10 CSP | Art. L.3131-7 et R.3131-10 CSP | Art. D.312-160 CASF |
| Décision | Directeur, à son initiative ou à la demande de l'ARS | Directeur, à son initiative ou à la demande de l'ARS | Directeur de l'établissement |
Le contenu minimal imposé par le décret
L'article R.3131-10 fixe le contenu que le plan doit notamment comporter :
- les modalités d'organisation de la cellule de crise hospitalière ;
- les procédures de gestion des événements ;
- les modalités de continuité de l'activité de l'établissement ;
- les modalités de mise en œuvre et de levée de ses dispositions ;
- le recensement des moyens de réponse, en particulier des produits de santé et des médicaments, adaptés à chacun des plans de réponse ORSAN ;
- le plan de formation des personnels aux situations sanitaires exceptionnelles.
Adoption, transmission, révision
Le décret encadre aussi la vie du document :
- le plan est arrêté par le directeur de l'établissement, après avis des instances (directoire et commission médicale dans le public, organe de direction et instances équivalentes dans le privé) ;
- il est transmis au directeur général de l'ARS et au SAMU territorialement compétent ;
- il est évalué, notamment sur la base d'exercices, et révisé chaque année, et cette évaluation est présentée aux instances.
Ce dernier point est souvent sous-estimé. La révision annuelle est une obligation réglementaire, pas une bonne pratique. Un plan daté de trois ans n'est pas conforme. Pour organiser cette révision sans tout reprendre chaque année, voir mise à jour du plan blanc : fréquence et traçabilité.
Qui déclenche le plan blanc ?
Le plan blanc est déclenché par le directeur de l'établissement, à son initiative en informant sans délai le directeur général de l'ARS, ou à la demande de l'ARS. C'est l'article R.3131-11 du Code de la santé publique qui le prévoit :
- le plan est mis en œuvre par le directeur de l'établissement, soit à son initiative, en informant alors sans délai le directeur général de l'ARS, soit à la demande de l'ARS ;
- le préfet peut demander au directeur général de l'ARS la mise en œuvre du niveau « plan blanc » ;
- en dehors de ce cas, l'ARS informe sans délai le préfet de tout déclenchement du niveau plan blanc.
Lorsque la situation le justifie, l'article L.3131-8 permet en outre au préfet, sur proposition du directeur général de l'ARS, de procéder aux réquisitions nécessaires : biens, services, professionnels de santé quel que soit leur mode d'exercice, établissements de santé ou médico-sociaux.
Sur le terrain, la vraie question n'est pas « qui a le droit de déclencher », mais « qui décide à 3 heures du matin un dimanche ». Votre plan doit nommer l'autorité de déclenchement, ses suppléants, les seuils qui conduisent à la décision et la manière dont cette décision est tracée. Nous détaillons la chaîne de décision dans qui déclenche le plan blanc : critères et traçabilité.
Quand déclencher un plan blanc ?
Le plan blanc se déclenche lorsque l'événement dépasse ce que l'organisation courante, même renforcée par le plan de mobilisation interne, peut absorber. Il n'existe pas de liste fermée ni de seuil national. Les situations typiques :
- afflux massif de victimes : accident collectif, attentat, explosion, effondrement ;
- épidémie ou situation infectieuse grave qui sature les capacités ;
- événement climatique : canicule, inondation, tempête ;
- risque NRBC : nucléaire, radiologique, biologique ou chimique ;
- défaillance majeure de l'établissement : incendie, coupure d'énergie ou d'eau, rupture d'approvisionnement ;
- cyberattaque qui paralyse le système d'information et la prise en charge.
Pour chaque type d'événement, votre plan doit prévoir des critères de déclenchement concrets, des scénarios de référence adaptés à votre territoire et les actions à engager dès les premières minutes. Trois scénarios méritent un traitement à part : le risque NRBC, le volet cybersécurité attendu au critère 3.1-07 et le fonctionnement en mode dégradé sans système d'information.
Plan blanc et ORSAN : comment ils s'articulent
Le plan blanc de l'établissement décline localement les objectifs fixés par le dispositif ORSAN (organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles), arrêté par le directeur général de l'ARS, qui organise la réponse à l'échelle de la région et répartit le rôle de chaque établissement.
ORSAN se décline en six volets selon la nature de l'événement : ORSAN AMAVI pour l'afflux massif de victimes, ORSAN CLIM pour les phénomènes climatiques, ORSAN EPI-VAC pour les épidémies et la vaccination exceptionnelle, ORSAN BIO pour le risque biologique, ORSAN NRC pour le risque nucléaire, radiologique et chimique, et ORSAN MEDICO-PSY pour la prise en charge médico-psychologique.
Votre plan blanc doit donc tenir compte du rôle que l'ARS a attribué à votre établissement dans chaque volet : première ligne, recours, appui. Le décret de 2024 l'exige explicitement, puisque le recensement des moyens de réponse doit être adapté à chacun des plans de réponse ORSAN. Au-dessus du niveau régional, un plan zonal de mobilisation organise les renforts entre régions d'une même zone de défense.
Pour aller plus loin : ORSAN et plan blanc : comment ils s'articulent.
Que doit contenir un plan blanc ?
Un plan blanc utilisable couvre bien plus que les six points minimaux du décret. La trame que nous utilisons s'organise en 12 chapitres :
- Cadre et principes : textes applicables, articulation avec ORSAN, présentation de l'établissement et de ses capacités.
- Veille et alerte : réception des alertes à toute heure, permanence, transmission de l'information.
- Niveaux de mobilisation : plan de mobilisation interne, plan blanc, critères de passage, autorité de décision.
- Commandement et cellule de crise : composition, fonctions, suppléants, salle de crise et salle de repli.
- Risques et scénarios : cartographie des risques du territoire, y compris le risque numérique.
- Afflux de patients : accueil et tri, zones dédiées, déprogrammation, ouverture de lits, transferts, décès massifs.
- Ressources humaines : rappel du personnel, arbre d'appel, renforts, relève sur une crise longue.
- Logistique : stocks stratégiques, produits de santé, fluides, énergie, fournisseurs critiques.
- Sûreté et sécurité : contrôle des accès, filtrage, coordination avec les forces de l'ordre.
- Communication : porte-parole, messages types, information des familles, relations avec les médias.
- Fin de crise et RETEX : critères de levée, retour à la normale, soutien des équipes, retour d'expérience.
- Exercices et formation : calendrier des exercices, plan de formation, registre des mises à jour.
Les chapitres qui manquent le plus souvent sont toujours les mêmes : la gestion des décès massifs, la communication de crise et les exercices. Ce sont pourtant ceux qui distinguent un document de façade d'un plan opérationnel.
Trois articles vous aident à passer à l'écriture : le modèle de plan blanc, avec son sommaire type et quatre gabarits, la trame de plan blanc, avec le contenu de chaque chapitre, et la méthode pour vérifier qu'un plan blanc est complet. La continuité des services, enfin, relève du PCRA, construit service par service.
La cellule de crise : le cœur du plan blanc
Un plan blanc vaut ce que vaut sa cellule de crise. C'est elle qui décide de la montée en puissance, arbitre la déprogrammation, répartit les ressources et dialogue avec l'ARS et le SAMU.
Pour la certification, le référentiel 2027 attend que des exercices, a fortiori des activations réelles, démontrent que la cellule de crise est opérationnelle dans les 45 minutes suivant l'alerte et qu'elle dispose des outils et procédures nécessaires à son rôle de décision et de coordination. Le texte énumère six fonctions à couvrir :
- la prise en charge médicale des patients ;
- l'organisation de crise ;
- la sûreté et la sécurité ;
- la communication ;
- le suivi des victimes et l'accueil des familles ;
- les fonctions support.
Trois points font la différence le jour J :
- des suppléants pour chaque fonction : une crise n'attend pas le retour de congés des titulaires ;
- une salle de crise équipée et une salle de repli : téléphones, moyens radio, tableaux de suivi, documentation imprimée en cas de panne informatique ;
- des fiches réflexes par fonction, qui disent quoi faire dans la première heure, sans avoir à relire le plan.
Voir la composition et les rôles de la cellule de crise, la checklist des 45 minutes et les fiches réflexes de cellule de crise.
Plan blanc et certification HAS : le critère 3.1-05
La maîtrise du plan blanc est évaluée au critère 3.1-05 « La gestion des situations sanitaires exceptionnelles est maîtrisée », impératif dans la version 2025 du référentiel et reconduit dans la version 2027, applicable aux visites à partir de janvier 2027. Pour un critère impératif, la HAS indique qu'en cas d'évaluation négative elle « se réserve le droit de ne pas accorder la certification ».
Le critère portait le numéro 3.6-01 dans le manuel précédent, utilisé de 2020 à 2024. Le libellé de la version 2027 décrit précisément la logique graduée :
« Lorsque l'impact sur l'activité est limité, une mobilisation interne est déclenchée afin de sécuriser les parcours, maintenir les soins prioritaires et éviter les pertes de chance pour les patients. En cas de situation majeure, le plan blanc est activé : une cellule de crise coordonne les décisions cliniques et organisationnelles, ajuste les capacités d'accueil et priorise les prises en charge. »
Les experts-visiteurs l'évaluent en audit système. Ils cherchent des preuves :
- des plans de gestion des tensions et des situations sanitaires exceptionnelles élaborés avec la gouvernance, les instances et les professionnels, qui intègrent les risques numériques ;
- une cellule de crise opérationnelle dans les 45 minutes, démontrée par des exercices ou des activations réelles ;
- des exercices suivis d'actions d'amélioration issues d'un retour d'expérience ;
- des moyens matériels, humains et de biologie médicale disponibles et rapidement mobilisables ;
- des professionnels qui connaissent la gouvernance de crise, les modalités d'alerte et de mise en œuvre.
Le référentiel prévoit aussi un critère distinct, le 3.1-07, consacré à la maîtrise des risques de sécurité numérique, qui demande un volet cybersécurité intégré dans le plan blanc. Les deux se répondent : une cyberattaque qui paralyse le dossier patient est à la fois un incident de sécurité numérique et une situation sanitaire exceptionnelle.
Le détail des attendus et des preuves à réunir est dans critère HAS 3.1-05 : prouver la maîtrise du plan blanc.
Faire vivre le plan blanc : mises à jour et exercices
Un plan blanc reste opérationnel à deux conditions : des données tenues à jour en continu et des exercices réguliers suivis d'un retour d'expérience.
La mise à jour
Un plan blanc vieillit vite. Les responsables changent, les numéros évoluent, des services ferment ou ouvrent, les conventions arrivent à échéance. Un annuaire de mobilisation non tenu à jour suffit à faire échouer un déclenchement.
Au-delà de la révision annuelle imposée par le décret, distinguez :
- les données périssables, à vérifier en continu : annuaire, astreintes, coordonnées des partenaires ;
- les données structurelles, à revoir à chaque révision annuelle : capacités, organisation de la cellule, scénarios ;
- les évolutions réglementaires, à intégrer dès leur parution, comme le passage au référentiel 2027.
Chaque révision doit être datée, validée et tracée.
Les exercices
Le décret prévoit que le plan est évalué notamment sur la base d'exercices. C'est aussi le cœur du critère 3.1-05. Un plan jamais exercé échoue presque toujours au premier déclenchement réel : les numéros ne répondent pas, la salle de crise n'est pas équipée, personne ne sait qui arme quelle fonction.
Les formats se complètent :
- l'exercice sur table, quelques heures autour d'un scénario, pour tester la décision et la coordination ;
- l'exercice de rappel, pour mesurer combien de personnes on joint réellement en une heure ;
- l'exercice grandeur nature, avec plastrons, pour tester les circuits physiques d'accueil et de tri ;
- le retour d'expérience systématique, avec un plan d'actions daté et suivi.
Voir le guide de l'exercice plan blanc : déroulé, rôles et grille, les formats et scénarios d'exercice SSE et la méthode RETEX pour un plan d'actions opérationnel.
Le plan blanc en clinique privée
Une clinique privée doit avoir un plan blanc : l'article L.3131-7 vise chaque établissement de santé, sans distinction de statut, et le décret de 2024 prévoit explicitement l'avis des instances équivalentes des établissements privés.
Les cliniques ont toutefois des contraintes propres :
- une cellule de crise plus resserrée, où une même personne porte parfois plusieurs fonctions, d'où l'importance des suppléances ;
- une forte part d'activité programmée, chirurgicale ou ambulatoire, dont la déprogrammation doit être anticipée avec les praticiens libéraux ;
- un rôle dans ORSAN à clarifier avec l'ARS : accueil de patients transférés, mise à disposition de blocs, de lits de surveillance post-interventionnelle ou de réanimation ;
- souvent l'appartenance à un groupe, qui peut fournir une trame commune mais pas les données propres au site.
Plan blanc, plan bleu : quelle différence ?
Le Plan Bleu est le dispositif des EHPAD et des établissements médico-sociaux, qui ne sont pas soumis au plan blanc au sens strict. Sa base légale est le décret n° 2005-768 du 7 juillet 2005 (article D.312-160 du CASF), renforcé par le décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024 et l'arrêté du 12 février 2024, qui l'articulent avec ORSAN et l'étendent à d'autres structures depuis le 1er janvier 2025.
La logique est inverse : le plan blanc organise l'accueil d'un maximum de patients et la montée en capacité, quand le plan bleu vise d'abord à protéger les résidents sur place et à assurer la continuité de leur accompagnement. Voir plan blanc et plan bleu : les différences et, pour les EHPAD, notre formation Plan Bleu.
Les erreurs les plus fréquentes
Dans les plans blancs que nous relisons, les mêmes défauts reviennent :
- un annuaire obsolète : agents partis, numéros changés, lignes d'astreinte modifiées ;
- une cellule de crise sans suppléants ;
- des capacités théoriques : des lits annoncés sans les soignants pour les armer ;
- des références périmées : le « plan rouge » cité comme dispositif en vigueur, alors que la réponse aux nombreuses victimes relève aujourd'hui du dispositif ORSEC NOVI ;
- un risque numérique absent de l'analyse des risques ;
- aucun chapitre sur les décès massifs ;
- aucune trace d'exercice ni de révision datée.
Aucun de ces défauts ne tient à la rédaction. Ils tiennent à l'organisation du travail : des données dispersées, un document qui vit dans un fichier Word que personne n'ouvre entre deux visites.
Construire ou actualiser son plan blanc
La plupart des établissements ne partent pas de zéro : ils ont un plan, souvent ancien, qu'il faut remettre à jour et compléter. Deux principes font gagner beaucoup de temps :
- Réunir les données avant d'écrire : capacités par service, annuaire de mobilisation, circuits d'alerte, organigramme de crise, conventions. Ce n'est pas la rédaction qui prend du temps, c'est la collecte. Voir combien de temps faut-il pour rédiger un plan blanc.
- Partir de l'existant plutôt que d'une page blanche : reprendre le plan actuel, le ranger dans une trame complète et travailler uniquement sur ce qui manque ou a vieilli.
Learning Experience édite Plan Blanc Pro, un logiciel de plan blanc conçu pour les hôpitaux et les cliniques : le plan existant est importé et réparti dans une trame de 12 chapitres et 61 sections, les révisions sont datées et validées, et le registre des exercices et le PCRA y sont rattachés. Avant tout engagement, le diagnostic gratuit indique, sans création de compte, quelles sections votre document couvre déjà ; le document est analysé puis supprimé.
Un plan structuré reste un point de départ. Pour le mettre à l'épreuve, nos exercices plan blanc sont animés par Alexandre Niggel et des professionnels de la gestion de crise sanitaire, dans votre établissement. Pour préparer la visite, le webinaire gratuit Visites HAS 2027 : urgences vitales et cellule de crise a lieu le 26 novembre 2026 à 11 h.
À retenir
- Le plan blanc est obligatoire pour tous les établissements de santé, publics et privés (article L.3131-7 du CSP).
- Selon l'article R.3131-10, dans sa rédaction issue du décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024, il est le second niveau du plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles, après le plan de mobilisation interne.
- Il est arrêté par le directeur, transmis à l'ARS et au SAMU, évalué par des exercices et révisé chaque année.
- Il est déclenché par le directeur, à son initiative ou à la demande de l'ARS, et doit intégrer les objectifs du dispositif ORSAN.
- Pour la certification HAS 2027, il relève du critère impératif 3.1-05 : cellule de crise opérationnelle dans les 45 minutes, démontrée par des exercices, six fonctions outillées, retours d'expérience tracés, risques numériques intégrés.
- Les EHPAD relèvent du Plan Bleu, pas du plan blanc.
Textes de référence
- Article L.3131-7 du Code de la santé publique : l'obligation pour chaque établissement de santé.
- Article L.3131-8 : les réquisitions par le préfet.
- Article R.3131-10 : les deux niveaux, le contenu, l'adoption, la transmission et la révision annuelle.
- Article R.3131-11 : la mise en œuvre par le directeur, l'ARS et le préfet.
- Référentiel de certification HAS, version 2027 : critères 3.1-05 et 3.1-07.
- Page HAS du manuel et du référentiel de certification.
Questions fréquentes
Le plan blanc est-il obligatoire ?
Oui. L'article L.3131-7 du Code de la santé publique impose à chaque établissement de santé, public ou privé, de disposer d'un plan détaillant les mesures à mettre en œuvre en cas d'événement perturbant l'organisation des soins. Dans la rédaction actuelle de l'article R.3131-10, issue du décret du 3 janvier 2024, ce plan comporte deux niveaux : le plan de mobilisation interne et le plan blanc.
Qui peut déclencher le plan blanc ?
Le directeur de l'établissement, soit à son initiative en informant sans délai le directeur général de l'ARS, soit à la demande de l'ARS (article R.3131-11 du CSP). Le préfet peut demander à l'ARS la mise en œuvre du niveau plan blanc. La nuit et le week-end, c'est la personne à qui le plan délègue la décision, en général l'administrateur de garde.
Une clinique privée doit-elle avoir un plan blanc ?
Oui. L'obligation vise tous les établissements de santé, quel que soit leur statut. Le décret prévoit pour les établissements privés l'avis de leur organe de direction et de leurs instances équivalentes avant l'adoption du plan. La clinique doit aussi clarifier avec l'ARS son rôle dans ORSAN et anticiper la déprogrammation avec les praticiens libéraux.
À quelle fréquence faut-il mettre à jour le plan blanc ?
Le plan doit être évalué, notamment sur la base d'exercices, et révisé chaque année, avec présentation de l'évaluation aux instances (article R.3131-10 du CSP). Les données périssables, comme l'annuaire de mobilisation et les astreintes, doivent être vérifiées en continu, et chaque retour d'expérience doit se traduire par une correction datée du plan.
Un EHPAD doit-il avoir un plan blanc ?
Non, pas au sens strict. Un EHPAD relève du Plan Bleu, prévu par le décret n° 2005-768 du 7 juillet 2005 (article D.312-160 du CASF) et renforcé en 2024. Sa logique diffère : le plan blanc organise l'accueil d'un maximum de patients, le Plan Bleu protège les résidents sur place et assure la continuité de leur accompagnement.